Dashcam voiture : bien la choisir, l'installer et savoir ce que dit la loi
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Dans cet article
- Que filme une dashcam, et que garde-t-elle vraiment ?
- Avant seule ou avant et arrière : laquelle pour vos trajets ?
- Une dashcam sans fil, sur batterie, pour démarrer simplement
- Une dashcam branchée sur la prise, avec un écran pour revoir la vidéo
- La carte microSD, le maillon qu’on oublie
- Où la fixer sans vous boucher la vue ?
- Avez-vous le droit de filmer la route ?
- Publier la vidéo sur internet : là, les règles changent
- Votre assureur regardera-t-il la vidéo ?
- Après un accrochage, les bons gestes avec la vidéo
- Questions fréquentes
En bref
Une dashcam filme la route en boucle et protège la séquence d’un choc grâce à son capteur (G-sensor). Pour la choisir, partez de vos trajets : une caméra avant suffit pour les refus de priorité, un modèle avant et arrière garde aussi la trace d’un choc par l’arrière. Une caméra sur batterie fixée par ventouse s’installe en une minute ; la surveillance de la voiture garée demande un branchement permanent. Ajoutez une carte microSD prévue pour l’enregistrement continu et placez l’ensemble derrière le rétroviseur. Pour un usage personnel, aucune source officielle consultée ne l’interdit ; publier une vidéo où une personne est reconnaissable demande son accord.
Un soir de décembre, à la sortie d’un rond-point près d’Orléans, une voiture m’a coupé la route pour attraper sa sortie. Le choc a été léger. La discussion, beaucoup moins. Sur le constat, le formulaire que les deux conducteurs remplissent pour les assureurs, l’autre conducteur a décrit une scène que je ne reconnaissais pas. Pas de témoin, pas de caméra. L’affaire s’est terminée en partage des torts : chacun a été jugé en partie responsable. Je ne l’ai toujours pas digérée.
C’est souvent après ce genre de soirée qu’on s’intéresse aux dashcams, ou dash cams, ces caméras fixées au pare-brise qui filment la route. Avant d’en acheter une, vous avez quatre questions à régler. Ce qu’elle enregistre vraiment. Laquelle choisir pour vos trajets. Comment l’installer. Et ce que la loi vous permet de faire des images.
Que filme une dashcam, et que garde-t-elle vraiment ?
La plupart des modèles filment tant que vous roulez. L’enregistrement est découpé en courtes séquences, rangées sur une carte mémoire. Quand la carte est pleine, la caméra efface la plus ancienne pour faire de la place. C’est l’enregistrement en boucle. Vous n’avez rien à vider, mais le trajet banal de la semaine dernière a déjà disparu.
Trois fonctions changent ensuite beaucoup de choses :
- Le capteur de choc, appelé G-sensor. Il détecte un impact ou un freinage brutal et protège la séquence en cours contre l’effacement. C’est lui qui conserve la vidéo de l’accrochage.
- Le mode nuit. Il améliore l’image quand la lumière baisse. Lire une plaque de nuit reste pourtant délicat, un point débattu sur le forum Hardware.fr.
- Le mode parking. La caméra surveille la voiture garée et se déclenche sur un choc ou un mouvement. Tout dépend de son alimentation : sans batterie ni branchement permanent, rien ne tourne une fois le contact coupé.
Avant seule ou avant et arrière : laquelle pour vos trajets ?
Une caméra avant filme ce qui se passe devant vous : refus de priorité, feu grillé, changement de file sans clignotant. Un modèle avant et arrière ajoute un second objectif sur la lunette arrière, la grande vitre à l’arrière de la voiture. Il garde une trace d’un choc par l’arrière, à un feu ou dans un bouchon.
Si vous voulez aussi garder une trace à l’arrière, regardez du côté des marques spécialisées. La VIOFO A229 Plus annonce par exemple deux caméras, avant et arrière, et une surveillance du stationnement qui demande un kit de câblage vendu à part.
Viennent ensuite la fixation et l’alimentation. Ce sont elles qui décident de la simplicité de l’installation.
- Ventouse ou adhésif. La ventouse se retire et se repositionne facilement. L’adhésif tient en place, mais ne suit pas d’une voiture à l’autre.
- Batterie intégrée. Aucun fil ne court dans l’habitacle. Pensez simplement à la recharger.
- Prise 12 V ou USB. La prise 12 V, c’est l’ancien allume-cigare. La caméra s’allume avec le contact, et le câble se glisse sous les garnitures, les habillages intérieurs du plafond et du montant qui borde le pare-brise. Si ce port USB sert déjà à passer CarPlay en sans fil, préférez la prise 12 V.
- Branchement sur la boîte à fusibles, le boîtier qui regroupe les protections électriques de la voiture. C’est la solution des modèles qui surveillent la voiture garée en permanence. Si l’électricité de votre voiture ne vous est pas familière, confiez ce travail à un professionnel.
Certains modèles intègrent aussi un GPS, qui inscrit la position et la vitesse dans la vidéo. Ces données aident à situer la scène. Elles en disent aussi long sur vos déplacements, ce qui compte le jour où vous partagez un extrait.
Une dashcam sans fil, sur batterie, pour démarrer simplement
Vous voulez surtout garder une trace de vos trajets, sans faire courir de câble dans l’habitacle ? Une caméra sur batterie, fixée par ventouse, est la solution la plus directe. Sans fil veut dire ici sans câble d’alimentation : vous la posez derrière le rétroviseur, vous l’orientez vers la route, et vous pouvez la passer d’une voiture à l’autre. En échange, il faut penser à la recharger.
La DashOne Pro reprend ce principe, avec un capteur de choc et un mode nuit. Son vendeur annonce une garantie de remboursement de 30 jours. Pour filmer aussi l’arrière, ou surveiller en permanence la voiture garée, revenez plutôt aux modèles avant et arrière vus plus haut, branchés sur la boîte à fusibles.
Une dashcam branchée sur la prise, avec un écran pour revoir la vidéo
Autre format : une caméra qui reste branchée, et qu’on ne recharge jamais. RoadVision se fixe par ventouse, puis se branche sur la prise de la voiture. D’après sa fiche, un écran intégré permet de revoir les vidéos sur place, sans passer par un ordinateur. Un capteur de choc verrouille la séquence d’un accident.
Le vendeur annonce aussi une veille au stationnement. Avant d’y compter, vérifiez un point : sur beaucoup de voitures, la prise se coupe avec le contact, et la caméra s’éteint avec elle. Le premier soir, coupez le contact et regardez si la caméra reste allumée.
La carte microSD, le maillon qu’on oublie
Une dashcam écrit sur sa carte microSD, la petite carte mémoire logée dans l’appareil, trajet après trajet et sans arrêt. Ajoutez la chaleur d’un pare-brise en plein été, et la carte devient souvent la pièce qui lâche en premier. Sur le forum anglophone DashCamTalk, un utilisateur dont la caméra chauffait l’été voyait sa carte signalée en erreur par son ordinateur. Les membres ont pointé une carte plus grande que ce que son modèle acceptait, et des cartes contrefaites achetées en ligne. Dans une autre discussion, des redémarrages en pleine vague de chaleur ont été reliés à des cartes grand public mal adaptées à cet usage.
Quelques habitudes vous évitent la mauvaise surprise :
- Respectez la notice pour la capacité maximale et le type de carte.
- Choisissez une carte prévue pour l’enregistrement continu, souvent vendue sous l’appellation « haute endurance ».
- Achetez-la chez un vendeur fiable. Une contrefaçon peut sembler fonctionner, puis perdre vos fichiers.
- Formatez-la régulièrement, de la façon indiquée par le fabricant de la caméra. Le formatage efface tout : copiez d’abord les vidéos à garder.
- Regardez une vidéo de temps en temps. Vérifiez l’image, mais aussi la date et l’heure. Une caméra mal réglée fragilise votre récit.
Les fabricants de cartes mémoire proposent des gammes prévues pour ce travail. La carte SanDisk High Endurance se dit par exemple conçue pour les caméras embarquées. Vérifiez d’abord la capacité maximale acceptée par votre caméra.
Où la fixer sans vous boucher la vue ?
La Sécurité routière le rappelle dans son dépliant sur la vue au volant : ne laissez pas d’objets encombrants gêner votre visibilité. Une caméra posée au milieu du pare-brise, à hauteur des yeux, crée justement un angle mort. Installez-la derrière le rétroviseur intérieur, dans la zone qu’il masque déjà.
Avant de poser la ventouse ou l’adhésif, vérifiez quatre points :
- l’objectif reste dans la surface balayée par les essuie-glaces, sinon la pluie brouillera l’image ;
- l’image montre la route, pas le capot ni le ciel ;
- le câble éventuel ne pend pas devant vous et ne gêne pas le rétroviseur ;
- la caméra ne couvre pas les capteurs que certaines voitures logent derrière le rétroviseur, comme la caméra d’aide à la conduite.
Sur le forum Hardware.fr cité plus haut, les utilisateurs décrivent une pose sans difficulté : prise allume-cigare et câble caché sous les garnitures. Nettoyez simplement la vitre avant de fixer le support. Si vous posez aussi un écran CarPlay sur le tableau de bord ou un support de téléphone, gardez la même règle : rien ne doit masquer la route.
Avez-vous le droit de filmer la route ?
Pour votre usage personnel, aucune source officielle que j’ai consultée n’interdit à un particulier d’équiper sa voiture d’une dashcam. La question n’est pas réglée pour autant. En février 2025, la CNIL, l’autorité chargée de la protection des données personnelles, a annoncé préparer des recommandations sur l’usage de ces caméras par les particuliers. Elle rappelle qu’elles peuvent porter atteinte au droit au respect de la vie privée.
Le problème est facile à comprendre. Une caméra qui filme la route enregistre forcément des passants, des cyclistes et des plaques d’immatriculation. Lors d’un atelier de travail organisé par la CNIL en avril 2025, les participants ont désigné cette captation involontaire comme la difficulté principale. Au moment où j’écris, je n’ai pas trouvé de recommandation finale publiée sur son site.
Autant le savoir : ce que vous faites des images pèse plus lourd que la caméra elle-même. Garder une trace en cas de pépin n’a rien à voir avec surveiller quelqu’un. Si votre modèle enregistre aussi le son, prévenez vos passagers. La fiche de service-public.fr sur la preuve rappelle que toute personne doit être informée et consentir avant l’enregistrement d’une discussion.
Publier la vidéo sur internet : là, les règles changent
Les vidéos de conducteurs maladroits font beaucoup de vues. Avant de poster la vôtre, lisez ce que dit service-public.fr sur le droit à l’image. Pour une image prise dans un lieu public, comme la rue, l’accord de la personne est nécessaire si elle est isolée et reconnaissable. Publier une photo ou une vidéo sans cet accord est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende.
Un piéton filmé de près sur un passage protégé entre dans ce cas. Un conducteur dont le visage se voit nettement derrière sa vitre aussi. Les plaques posent une autre question, puisqu’elles permettent de remonter jusqu’au propriétaire. C’est précisément ce qui occupe la CNIL.
Si vous tenez à partager un extrait, floutez les visages et les plaques. Coupez tout ce qui ne sert pas à comprendre la scène. Et retirez le son si l’on entend des conversations.
Votre assureur regardera-t-il la vidéo ?
Je vous arrête tout de suite : une vidéo ne vous garantit pas d’obtenir gain de cause. Elle s’ajoute au dossier. Elle ne remplace ni le constat ni l’examen de l’assureur.
Les témoignages le montrent bien. Sur le forum Automobile Propre, un conducteur raconte une collision à un feu, sans témoin, réglée par un partage des torts faute de preuve. En 2021, un autre membre, embouti, envoie des liens vers ses vidéos. Son assureur lui répond qu’il ne peut pas les ouvrir, pour des raisons de sécurité, et son espace en ligne n’accepte que des PDF et des images. Un troisième, chez un assureur plutôt ouvert aux dashcams, dit avoir dû insister pour que ses vidéos servent sur un délit de fuite, quand l’autre repart sans s’arrêter. Un autre, à l’inverse, s’est vu confirmer par son agence que les vidéos seraient prises en compte.
Devant un juge civil, celui qui tranche les litiges entre particuliers, la question se pose autrement. La fiche de service-public.fr indique qu’une preuve doit avoir été recueillie de manière loyale, et qu’un enregistrement vidéo fait sans consentement n’est pas considéré comme loyal. Le juge peut toutefois accepter une preuve déloyale si elle est indispensable. La fiche ne vise pas la dashcam en particulier. Rien n’est donc automatique.
Après un accrochage, les bons gestes avec la vidéo
- Mettez-vous en sécurité avant de penser à la caméra. Si une portière reste bloquée, un brise-vitre gardé à portée de main aide à sortir par une vitre latérale.
- Protégez la séquence avec le bouton prévu, si le capteur de choc ne l’a pas déjà fait.
- Remplissez le constat amiable, papier ou électronique. Si l’autre conducteur refuse de signer, service-public.fr conseille de l’indiquer dans la partie « Observations », de relever sa plaque et les coordonnées des témoins.
- Copiez le fichier d’origine le jour même sur un ordinateur ou un disque, sans le retoucher. Selon les modèles, vous le récupérez par le Wi-Fi de la caméra ou en retirant la carte microSD, comme le décrivent les utilisateurs du forum Hardware.fr.
- Envoyez le constat à votre assureur dans le délai prévu au contrat, généralement 5 jours ouvrés. Signalez la vidéo et demandez sous quelle forme la transmettre.
- Si l’autre conducteur a pris la fuite, notez sa plaque et prévenez la police ou la gendarmerie. Vous pouvez porter plainte pour délit de fuite, et venir avec la vidéo, comme le conseillaient plusieurs membres du forum Automobile Propre.
Si le choc n’a laissé qu’une rayure, le test de l’ongle vous dit vite si elle se rattrape.
Quelle que soit la caméra, gardez le réflexe de remplir le constat amiable sur place. La vidéo raconte la scène. Le constat, lui, ouvre le dossier.
Questions fréquentes
Faut-il une dashcam avant et arrière ?
Tout dépend de vos trajets. Une caméra avant garde la trace de ce qui se passe devant vous : refus de priorité, feu grillé, changement de file. Un modèle avant et arrière ajoute un objectif sur la lunette arrière et filme aussi un choc par l'arrière, à un feu ou dans un bouchon. Il demande souvent plus de câblage, surtout pour surveiller la voiture garée.
Une dashcam est-elle autorisée en France ?
Aucune source officielle consultée n'interdit à un particulier de filmer la route depuis sa voiture pour son usage personnel. La CNIL a annoncé en 2025 préparer des recommandations sur ces caméras, car elles peuvent porter atteinte à la vie privée des personnes filmées. La diffusion des images obéit, elle, aux règles du droit à l'image.
La vidéo d'une dashcam remplace-t-elle le constat amiable ?
Non. Le constat amiable reste à remplir et à envoyer à l'assureur dans le délai prévu au contrat, généralement 5 jours ouvrés selon service-public.fr. La vidéo peut être signalée et transmise en complément, sous la forme demandée par l'assureur.
Peut-on publier une vidéo de dashcam sur les réseaux sociaux ?
Pour une image prise dans un lieu public, l'accord d'une personne isolée et reconnaissable est nécessaire. Selon service-public.fr, publier une photo ou une vidéo sans cet accord est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende. Flouter les visages et les plaques limite ce risque.
Quelle carte microSD choisir pour une dashcam ?
Celle que la notice de la caméra autorise, en capacité et en type. Les cartes conçues pour l'enregistrement continu, souvent dites « haute endurance », sont prévues pour ce travail d'écriture permanente. Un achat chez un vendeur fiable et un formatage régulier limitent les pertes de fichiers.
Où placer une dashcam sur le pare-brise ?
Derrière le rétroviseur intérieur, dans une zone qu'il masque déjà, et dans la surface balayée par les essuie-glaces. La caméra ne doit pas réduire le champ de vision du conducteur ni couvrir les capteurs parfois logés derrière le rétroviseur.